Présentation de la Spécialité Langues, littératures et cultures étrangères et régionales (LLCER) : anglais - monde contemporain - Lycée Georges Dumézil

Présentation de la Spécialité Langues, littératures et cultures étrangères et régionales (LLCER) : anglais - monde contemporain

, par Floriane Tauran - Format PDF Enregistrer au format PDF

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Cette spécialité LLCER permet de parvenir progressivement à une maîtrise assurée de la langue et à une compréhension de la culture associée.

Elle prépare les élèves à la poursuite d’études et à la mobilité. L’enseignement « anglais monde contemporain » a pour objectif principal de développer les compétences communicationnelles des élèves.

Il prend appui, pour aborder des questions contemporaines du monde anglophone, sur une grande variété de supports : presse écrite et audiovisuelle, sites d’information en ligne, extraits de publications scientifiques, discours, documents iconographiques, cartographiques, statistiques, films etc.

Il contribue au développement des compétences de lecture des élèves, de leur sens critique, de leur esprit d’analyse et de leur autonomie, ainsi qu’à la maîtrise de la langue dans des contextes usuels.

 Le programme

En classe de Première

Cet enseignement vise à sensibiliser les élèves à la diversité des sociétés et des cultures du monde anglophone contemporain. Les thématiques de la classe de première consistent d’une part, à recenser les manifestations contemporaines de la production et la circulation des savoirs, et les manières particulières dont le monde anglophone réalise des avancées scientifiques et technologiques dans des domaines variés, d’autre part à étudier la notion de représentation dans ses diverses acceptions (politique, esthétique) notamment les représentations véhiculées dans les médias.

Thématique 1 : « Savoirs, création, innovation »

L’actualité fournit de nombreux exemples de la capacité des pays du monde anglophone à innover dans le domaine des sciences et des techniques, dans le champ de la culture et des arts, mais aussi en matière d’organisation du travail ou de moyens de communication. Savoirs et innovations techniques découpent le temps en périodes ou en ères, marquées par un changement décrit et commenté par les acteurs eux-mêmes, par la presse contemporaine et par les commentateurs des générations successives. Ainsi, la révolution numérique – aussi appelée quatrième révolution industrielle – voit la technologie évoluer à une vitesse sans précédent. L’innovation affecte la société dans son ensemble, son bien-être et ses modes d’organisation, de logement, de consommation ; les secteurs de l’économie, des transports, des services, de la sécurité au quotidien, s’en trouvent modifiés. Les progrès effectués peuvent être ancrés dans un territoire délimité ou résulter de collaborations entre États. Le commerce et les échanges se chargent de les diffuser.

L’innovation et la création sont fécondes pour les médias, qui font commerce de « nouvelles » et observent les variations susceptibles d’affecter le public auquel ils s’adressent. Parfois présentées sous le jour de nouvelles modes, de mutations inéluctables ou d’évolutions inquiétantes, ces évolutions sont le fruit de la chaîne de production des savoirs : un maillage d’écoles, d’universités et d’organismes de recherche, et d’innovation construit et transmet les savoirs, et développe les compétences de la population. À côté des institutions productrices de connaissances et de compétences, et en interaction avec elles, une large diffusion des savoirs, par l’imprimé et l’image (aujourd’hui souvent numérique) permet aux individus et au monde de l’entreprise de contribuer au développement des savoirs, des sciences et des technologies.

Ainsi se forme une société du savoir qui ne cesse de se renouveler, de disséminer ses connaissances, d’observer et de commenter ses évolutions, en les confrontant à la diversité des points de vue, des interprétations et des applications.

Les savoirs, la création et l’innovation peuvent être étudiés sous l’angle de leur apparition, de leur développement, de leurs évolutions, ainsi que par le biais des débats et controverses qu’ils suscitent (changement climatique, développement durable, biodiversité, etc.). La presse se fait l’écho de ces phénomènes, évolutions et polémiques. La littérature (y compris pour la jeunesse) et toutes les formes d’art intègrent les tendances actuelles ; la fiction les préfigure parfois dans les films et les séries, dans les ouvrages de science-fiction ou dans les utopies, fournissant ainsi à la fois une représentation (textuelle, visuelle ou artistique) de l’innovation et une matière pour la réflexion. Journalistes, essayistes, philosophes, chercheurs, acteurs politiques et créateurs s’interrogent sur les conséquences de ces changements sur les hommes et les femmes d’aujourd’hui et de demain, sur leur humanité (augmentée, transformée, manipulée, etc.), sur leur capacité à bénéficier de ces évolutions et à résister à leurs dérives.

Thématique 2 : « Représentations »

Cette thématique vise à étudier la notion de représentation dans ses diverses acceptions.
Dans sa première acception, la représentation se comprend comme politique : cet axe d’étude vise donc à s’interroger sur la manière dont les citoyens sont représentés et participent à la vie publique et politique.

Représenter et se représenter le monde anglophone, c’est aussi informer et s’informer. L’accès à une information plurielle qui reflète la diversité des points de vue est un enjeu contemporain majeur. Les médias sont un moyen privilégié par lequel sont véhiculées des idées, des images ou des représentations qui influencent notre vision de la réalité. Il s’agit ici de voir comment se détermine la façon dont les individus et les groupes perçoivent les enjeux politiques, économiques et sociaux de leur époque.

La représentation peut, enfin, être esthétique et permettre, par le truchement de la création artistique et culturelle, de véhiculer des images ou des idées et de rendre sensibles des concepts : on s’attache à travers cette notion à étudier la façon dont les sociétés du monde anglophone se représentent à elles-mêmes et se représentent le monde, dans des mises en scène allant de la critique en passant par le consensus, l’anticonformisme et le stéréotype.

À travers les prismes politique, médiatique, culturel et artistique, cette thématique doit permettre une lecture critique et informée des événements, et encourager les élèves à percevoir et confronter les points de vue pour appréhender la pluralité des approches des phénomènes contemporains.

En classe de Terminale

Les thématiques abordées en classe de terminale visent d’une part à examiner la question de l’unité et de la pluralité de l’aire anglophone sous ses différentes facettes, l’anglais étant la langue officielle d’une cinquantaine de pays, d’autre part à étudier le concept de liberté, entendu comme libertés publiques et libertés individuelles.

Thématique 1 : « Faire société »

L’anglais étant la langue officielle de près de cinquante pays, l’espace anglophone constitue un important pôle d’attraction, qui attire des populations à la recherche de nouveaux horizons (souvent pensés comme des Eldorados) ou donne lieu à la constitution de diasporas. La langue joue alors le rôle de vecteur d’intégration.

Le monde anglophone est souvent associé à une vision du progrès (acquisition de nouveaux droits sociaux, politiques, économiques) et à une culture fédératrice, riche de possibilités. Cette dernière repose sur les valeurs fondamentales, historiquement issues de la Common Law, de liberté, justice, démocratie, égalité, assistance. Ces valeurs sont au fondement de la Charte du Commonwealth et, plus largement, des conventions internationales qui protègent les droits humains (Déclaration universelle des droits de l’homme ou Convention européenne des droits de l’homme).

Ces valeurs et cette langue communes n’empêchent pas l’apparition de tensions internes, parfois héritées du passé, au sein des différentes sociétés anglophones, voire d’hostilités issues de préjugés de toutes natures, comme le rejet de la différence, ce qui amène les pays à envisager de façons différentes leurs réponses à ces défis.

La thématique « Faire société » a pour objectif d’examiner la question de l’unité sous ses différentes facettes – non pas l’unité du monde anglophone, mais dans le monde anglophone – en insistant sur la variété des approches ; en effet, si une partie du monde est anglophone, la langue anglaise n’est pas univoque et les modes de vie et les cultures ne sont pas uniformes. De même, la diversité des politiques publiques donne à voir la complexité des questions sociales (d’un pays ou d’un niveau de gouvernance à l’autre), dont rendent compte les intitulés retenus pour les axes d’étude : « Unité et pluralité », « Libertés publiques et individuelles », « Égalités et inégalités »

Thématique 2 : « Environnements en mutation »

Dans un contexte de mondialisation, de remise en cause des modèles de croissance, de changement climatique et de transition énergétique, le monde anglophone se distingue par la diversité de ses territoires (Australie et Nouvelle- Zélande, Canada et États-Unis, Caraïbes, Inde, Afrique anglophone, Royaume-Uni et Irlande, îles du Pacifique). Ces espaces, par leur importance démographique, économique et politique ou par leurs ressources, sont amenés à jouer à l’échelle mondiale, quel que soit leur niveau de développement, un rôle de laboratoires, de centres d’impulsion ou de freins. Ils peuvent être traversés par des contradictions internes : le retrait américain de l’Accord de Paris en 2017 n’empêche pas l’État de la Californie d’afficher des objectifs ambitieux dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La majorité des habitants sont, dans le monde anglophone, des urbains, récemment arrivés ou implantés de longue date. Les villes et les métropoles connaissent une attractivité et une concentration toujours plus intenses. Elles sont donc confrontées avec acuité aux problèmes de gestion des surdensités (étalement, logement, transport, emploi, déchets), de l’accès aux ressources (eau, nourriture, énergies, matériaux rares). Elles subissent les tensions suscitées par de fortes inégalités (ségrégation, gentrification, violences urbaines). Les paysages, les modes d’organisation, les manières de « vivre la ville » varient selon les aires géographiques et les niveaux de développement (mégalopoles nord-américaines ; villes industrielles du nord de l’Angleterre ; métropoles de Lagos au Nigeria ou Mumbai en Inde ; villes littorales de Floride ; villes minières d’Australie ou d’Afrique du Sud). Mais c’est dans les centres développés et dans les périphéries en développement qu’émergent certaines des réponses les plus inventives : technologies vertes, nouvelles formes d’habitat, modes de vie alternatifs et formes de contre- culture, mouvements citoyens et initiatives locales.

Les villes du monde anglophone côtoient parfois d’immenses territoires quasiment vides, où la nature, sanctuarisée, occupe une place majeure. On retrouve cette nature dans les imaginaires, notamment dans l’imaginaire qui préside à la construction des nations (l’imaginaire de la frontière, la célébration de la ruralité, les parcs nationaux états-uniens, kenyans et sud- africains, Outback australien). D’immenses parcs naturels ou zones protégées jouent le rôle de réservoirs de biodiversité. Leur protection, qui s’appuie sur des traditions nationales variées (États-Unis, Angleterre, Afrique du Sud), constitue un grand enjeu de société, notamment pour les peuples autochtones (Uluru en Australie, territoires inuits en Alaska et au Canada).

Les Amérindiens, premiers occupants du territoire américain, protégeaient leur écosystème et transformaient perpétuellement leur environnement (pratiques agricoles telles que l’irrigation et l’écobuage). Le message des Amérindiens, fondé sur le respect de « Mère Nature » et la compréhension de « l’Esprit qui est en toute chose », fut ensuite repris et largement médiatisé par les militants de la contre-culture américaine des années 1960 et 1970. Ce message est encore très présent : aujourd’hui encore, plusieurs peuples autochtones manifestent à travers les États-Unis pour défendre leur territoire et leurs intérêts.

La diversité des situations et des espaces à toutes les échelles (de l’État au quartier, en passant par les régions et les villes) permet d’observer la manière dont les sociétés répondent aux défis actuels en s’adaptant, en innovant, mais aussi en s’appuyant sur des héritages et des permanences (savoirs des peuples autochtones, continuité dans la gestion des parcs naturels, anciennes pratiques agricoles revisitées). La contestation, voire le refus de prendre en compte les enjeux environnementaux et sociaux, tiennent également une place non négligeable dans ces dynamiques (refus de limiter les émissions de gaz à effet de serre, attitudes climato- sceptiques, rejet de l’écologie au nom de l’efficacité économique). Entre un modèle productiviste, qui conçoit l’environnement comme une marchandise, et des pratiques anciennes de protection de la nature, on observe toute une palette d’attitudes et d’actions (approche coût-bénéfice de l’écologie, fiscalité verte, politiques de protection, procès écologiques, théories de la décroissance, malthusianisme, collapsology et survivalism, transition énergétique, implantation sur Mars).

Thématique 3 : « Relation au monde »

L’idée même d’un monde anglophone est l’héritage d’une phase de l’histoire de l’Angleterre, et plus généralement des Îles britanniques, où la constitution d’un empire, qu’il fût de peuplement (l’Australie, par exemple) ou de domination (l’Inde, par exemple), traça les contours d’un sous-ensemble aujourd’hui encore reconnaissable, quoique aux limites changeantes selon que l’on s’en tient à l’un ou l’autre d’une série de critères : langue, peuplement, institutions, culture, religion, etc. À des fins de clarté, le programme pour cette thématique définit comme « monde anglophone » l’ensemble suivant : les États-Unis, le Royaume-Uni et les autres membres du Commonwealth, l’Irlande.

Cet ensemble est particulièrement étendu, divers et géographiquement dispersé. En outre, l’intensification du processus de mondialisation affecte une multitude d’échanges, en particulier de populations, de biens, de services et d’influences culturelles. L’emprise croissante de ces liens internationaux nécessite de mettre en relation l’étude des pays et des sociétés anglophones avec celle du monde dans lequel ils s’insèrent, et d’analyser les modalités complexes et changeantes de ces rapports. Comprendre la place du monde anglophone dans les relations internationales nécessite de mettre en balance trois particularités : les caractéristiques intrinsèques de chacun de ses éléments constitutifs ; le jeu des relations entre ces derniers ; les relations du monde anglophone avec le monde non anglophone. Chacune des composantes du monde anglophone fait partie intégrante du monde contemporain, qui contribue à la façonner (on songe, par exemple, aux mutations économiques en Irlande à la suite de son entrée dans l’Union européenne). Chacune agit en retour sur ce même monde, sur lequel elle porte un regard qui lui est propre (comme l’illustrent, par exemple, les positions différentes de l’Inde et des États-Unis sur la mondialisation). Cette complexité implique que la relation au monde des territoires anglophones n’est en rien statique.

Au sein du monde anglophone, dans le domaine des relations internationales, les États-Unis et le Royaume-Uni occupent une place particulière. Ils ont en commun d’être ou d’avoir été des puissances mondiales, exerçant à ce titre une grande influence. Tous deux sont aujourd’hui encore des acteurs internationaux de premier plan, capables d’influencer le monde par des moyens variés, qui peuvent relever d’une contrainte plus ou moins explicite (hard power) ou de la capacité à exprimer un modèle susceptible d’être imité spontanément par d’autres acteurs (soft power). Cependant, les États-Unis et le Royaume-Uni sont amenés à réévaluer leur place dans le monde, à une époque où l’ordre mondial fait l’objet d’évolutions et de renégociations majeures.

Logiques géographiques et héritages historiques, situations concrètes et modes de pensée, changements subis ou voulus, représentations et valeurs forment un ensemble complexe de relations, que l’on se propose d’aborder selon trois axes. Le premier évoque les vecteurs de puissance et d’influence dans et sur le monde contemporain. Le deuxième permet de dissiper l’illusion d’un pouvoir qui serait sans partage ni contrepoids. Le dernier, enfin, ouvre sur la diversité des réalités du monde anglophone, qui constitue dans le monde contemporain plus un réseau, voire un ensemble de réseaux, qu’un bloc uniforme animé d’une seule vision et parlant d’une seule voix.

 Quelles poursuites d’études ?

  • Licences universitaires : LLCER, LEA…
  • Classes préparatoires :
  • Ecoles spécialisées : école de commerce, de traduction, tourisme…
  • BUT et BTS : BTS commerce international, tourisme et communication…

 L’épreuve de spécialité au baccalauréat

Partie écrite de 3 heures 30 :

1re partie : synthèse en langue étrangère
2e partie : traduction ou transposition en français

Epreuve orale de 20 minutes (sans préparation) :

L’épreuve consiste en un oral de 20 minutes qui s’appuie sur un dossier personnel présenté par le candidat et visé par son professeur de l’année de terminale.

Le candidat remet un exemplaire de son dossier à l’examinateur au début de sa prise de parole et en conserve un qu’il utilise selon ses besoins durant l’épreuve.

Le dossier est composé de quatre à six documents textuels et /ou iconographiques (étudiés ou non en classe) en lien avec une ou plusieurs thématiques du programme du cycle terminal. Il comprend :
– au moins un article de presse ;
– au plus deux textes d’une autre nature ;
– au plus deux documents iconographiques.

Sans temps de préparation, le candidat présente son dossier dans la langue cible pendant 10 minutes au plus pour en justifier les choix et en exprimer la logique interne, puis interagit avec l’examinateur dans la langue cible pendant 10 minutes au plus.